Le site ferroviaire de Délivrance constituait une cible stratégique dans le déroulement de la guerre 39/45 en raison de son rôle majeur dans le transport des matériels des armées occupantes.
Dans la nuit de Pâques 1944, du 9 au 10 avril, s’abat, en vingt-cinq minutes, un véritable déluge de feu sur l’ensemble ferroviaire. Le bilan est particulièrement lourd : 106 tués, plus de 300 blessés tandis que, sur les 850 logements que compte l’agglomération, 1/5 est complètement détruit, 3/5 sont fortement endommagés et 1/5 réparable dans un délai plus ou moins bref.
Parmi les dégâts on recensera l’école Pasteur, le bain douche, les services médicaux qui seront détruits et non reconstruits.
Cet anéantissement marquera la fin d’un mode de vie de la cité et si dès 1945 la reconstruction est engagée par la SNCF l’éparpillement des familles et les deuils subis mettront de longs mois à s’effacer.
Néanmoins, le respect de l’urbanisme initial et le recours à davantage de logements individuels construits cette fois en brique de production locale, sauront sauvegarder le prospect général de la cité et maintenir l’urbanisme initial par les espaces verts et les rues avenantes.
Les années qui suivront seront difficiles car la diminution du fret ferroviaire entraînera l’abandon progressif du triage ainsi que l’entretien du patrimoine immobilier.
Une volonté communale relayée par la Communauté Urbaine conduisit ensuite à la réalisation d’un plan pluri annuel de réhabilitation des voieries associé à une convention avec les bailleurs visant à la rénovation des logements.
Parallèlement, la salle Beaulieu, totalement rénovée, symbole de l’activité socioculturelle préfigure le désir d’insuffler à nouveau une vie culturelle et artistique dans un quartier durement éprouvé au cours du 20ème siècle.