Le fonctionnement de ce complexe ferroviaire demande une main d’œuvre abondante, disponible et dévouée à la cause du chemin de fer.
De plus, la Compagnie souhaite que les logements construits pour accueillir cette main d'œuvre soient créés " loin des villes et des faubourgs ouvriers, foyers de l’agitation révolutionnaire et contestataire en cette terre historique du syndicalisme et du socialisme". [note]
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C'est dans ce contexte que la Compagnie du Nord confie à Raoul Dautry de créer des cités-jardins à proximité immédiate des installations ferroviaires, à charge pour lui d’imaginer et de trouver les moyens d’attirer, de former et de retenir dans celles-ci les ouvriers qui ne sont pas encore des cheminots.
Raoul Dautry, membre du Musée Social regroupant penseurs et urbanistes et admirateur de E. Howard créateur des cités-jardins en Angleterre, s’inspirera de leurs théories concernant les conditions de vie et de travail des ouvriers.
Il sera très impressionné lors d’un voyage aux Etats Unis par les méthodes de gestion tendant à éviter les conflits au sein des entreprises et favorisant la productivité des agents.
Marqué par les grandes grèves de 1910 et 1920, il aura le souci de construire une nouvelle société cheminote en offrant des conditions de logement de qualité pour les agents de la compagnie et leur famille au sein d’une agglomération entièrement dédiée aux métiers de la gare de triage toute proche.
Cette réalisation est parfaitement conforme aux idées empruntées à l’utopie sociale de l’époque visant à créer un monde d’où sort l’homme nouveau à l’abri des influences extérieures nocives et imprégné de l’esprit maison d’où naîtra la forte identité cheminote.
Une trentaine de cités-jardins furent créées entre 1919 et 1924.
La cité de La Délivrance était la deuxième plus importante cité-jardin créée par la Compagnie du Nord avec ses 835 logements.